Instabilité Politique et présidentielle de 2015 en Côte d’Ivoire

A la veille des élections présidentielles en Côte d’ivoire, de nombreuses questions tendent à refaire surface : de  l’éligibilité du président sortant, Alassane Dramane Ouattara à la composition de la Commission Electorale Indépendante : Ainsi, l’environnement politique apparaît inadapté aux élections présidentielles à venir.


Par Berthe Bognini | IMANI Francophone 


A la veille des élections présidentielles en Côte d’ivoire prévues pour le 25 Octobre 2015, les vieux démons qui avaient plongé la Côte d’Ivoire dans le Chaos de 1999 à 2010 refont surface. Le sempiternel débat sur l’éligibilité du locataire du palais présidentiel et la composition de la Commission Electorale Indépendante (CEI) semblent diviser la classe politique ivoirienne.

Se basant sur l’article 35 de la constitution ivoirienne qui avait invalidé la candidature d’Alassane Ouattara en 2000, certains partis de l’opposition ivoirienne estiment que la Constitution n’ayant subi aucune modification référendaire, elle demeure d’actualité. En effet, selon l’article, le candidat à la présidentielle doit remplir plusieurs critères dont :

  • « être ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine »;
  • « n’avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne »;
  • « ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité ».

Par conséquent, « Alassane Ouattara n’est pas éligible pour l’élection présidentielle de 2015 », affirment-ils. Selon eux, le Président Alassane Ouattara n’a pu participer aux élections de 2010 qu’après l’application de l’article 48 de la Constitution qui l’autorisait « à titre exceptionnel » à se présenter. De ce fait, ils demandent une transition politique qui mènera le pays vers des élections transparentes.

Quant au président du parti d’opposition LIDER (Liberté et Démocratie pour la République) Mamadou Koulibaly, il semble se désolidariser des requêtes de ses camarades de l’opposition qui pourraient ramener le débat sur l’ivoirité. « Ouattara a voté en Côte d’Ivoire. Il est donc détenteur d’une carte nationale d’identité et d’une carte d’électeur », martèle t-il.

Le Chef de l’État ivoirien, lui, a estimé que la transition réclamée par son opposition peut être assimilée à un appel à l’insurrection. Il a tenu à être ferme sur la question : « Il n’y aura pas de transition en 2015 ».

Dossier Spécial : élections 2015 en Afrique

En plus de l’article 35 qui semble diviser la classe politique ivoirienne, il y a également la question de la composition de la CEI. Le maintien de Youssouf Bakayoko à la tête de l’institution n’est pas du goût des adversaires d’Alassane Ouattara. En effet, le président de la CEI était déjà à ce poste lors des élections de 2010.

Il est, selon l’opposition, peu crédible et a une grande part de responsabilité dans le déclenchement de la crise postélectorale qui a endeuillé le pays.
La recomposition de la CEI et la démission de Youssouf Bakayoko sont des conditions préalables à la tenue d’élections crédibles dans le pays, soutient l’opposition.

Le Gouvernement ivoirien semble ne pas partager cet avis. Lors d’un meeting à Séguéla (Nord Ouest de la Côte d’Ivoire), le Président ivoirien a lancé à l’endroit de ses opposants :

« Tous ceux qui veulent des élections transparentes et apaisées savent qu’avec l’expérience et l’intégrité de Youssouf Bakayoko, c’est l’homme qu’il fallait à la place qu’il faut. Donc il est à sa place ».

L’intransigeance est de mise dans chaque camp, de sorte que la classe politique ivoirienne semble marcher dans les sillons du schéma électoral de 2010, une élection qui a provoqué la mort de plus de 3000 personnes et fait des milliers de déplacés. Le pays tout entier retient son souffle.

Yabah Berthe BOGNINI est la chargée d’Imani Francophone – Côte d’voire. Elle fait partie des Yali Fellows qu’accueille IMANI Francophone.

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